|
Histoire
La noix de Saint-Jacques, symbole de fécondité
chez les Grecs, est appréciée depuis l'Antiquité
pour sa chair succulente. La coquille, quant à
elle, servait depuis la préhistoire d'ustensile
et de monnaie d'échange.
Pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle,
elle fut pendant le Moyen Age, le récipient qui
leur servait à boire, à manger et même
à mendier sur le bord des routes. Elle devint alors
un symbole de piété. Portée en collier,
représentée sur les armoiries des croisées,
il était normal qu'elle prît le nom du pèlerinage
en l'honneur du célèbre apôtre.
On lui donna, pour les mêmes raisons, les appellations
de "grande pèlerine" ou de "peigne
de Saint-Jacques".
Avant la seconde guerre mondiale, la coquille était
abondante en baie de Saint-Brieuc, on allait la pêcher
à la voile et l'on remontait les dragues à
la main. Mais petit à petit le gisement s'épuisa.
Heureusement la baie était riche et l'on oublia
la coquille pour se tourner vers d'autres ressources plus
abondantes.
Après la guerre, en 1961, un coup de chalut du
" grain de sel ", patron Edouard Bourel, ouvre
une ère nouvelle : la coquille Saint-Jacques est
revenue !
La nouvelle se répandit très vite puisque
l'hiver suivant, les premiers bateaux d'une armada, qui
en comptera plus de 400, prendront son sillage. Les pêcheurs
s'équipèrent donc de nouveau et reprirent
la pêche à la Saint-Jacques dans toute la
baie.
La campagne de pêche des années 72-73 représenta
une pêche de 12 tonnes de coquilles Saint-Jacques,
soit 3 fois et demie la quantité pêchée
en 1998 ! L'exploitation était alors sans limites,
on pêchait à toute heure du jour et de la
nuit. Ce fut une période d'opulence.
Rapidement, il y eut trop de coquilles sur le marché,
les prix chutèrent et les pêcheurs ressentirent
la nécessité de réglementer leur
pêche. Il s'agît pour eux de penser à
l'avenir et de préserver cette ressource si lucrative.
Des mesures furent alors instaurées à la
demande des marins entre les scientifiques d'Ifremer,
les Affaires Maritimes et les professionnels. Elles permirent
dans un premier temps de sauver les cours.
La réglementation des horaires de pêche ainsi
que la limitation du nombre de bateaux par un système
de licences sauveront le gisement. Les grandes années
de pêche à la coquille étaient révolues,
et à partir de la fin des années 70, les
tonnages de la baie de Saint-Brieuc chutèrent.
Aujourd'hui, la Saint-Jacques ne représente plus
que 20 à 30% du chiffre d'affaires global d'un
bateau au lieu de 75 % il y a 20 ans.
|
|